Max,
Jeudi,
Je comprends maintenant pourquoi le professeur de dessin m’a virée du cours. Ce qu’elle disait était vrai. J'incommode mon entourage, et je comprends que dix ans à me supporter ça a dû être très très pénible, tant pour les élèves qui se sont succédés que pour le professeur. Je critique tout le monde, tout le temps. Je veux toujours avoir raison et j’accuse les autres de ce qui m’incombe. Je suis très agressive, intolérante, je répands du poison partout où je passe. Et je parle toujours de ma petite personne. Je salue et remercie la patience des gens qui m’entourent. Sincèrement, je sais que je suis invivable et je suis très étonnée d’avoir encore des amis. Pourtant je fais tellement d’effort pour essayer de leur faire plaisir. Je n’ai pas à me forcer pour les aimer, ça déborde. Mais justement, il faudrait peut-être que j’arrive à canaliser tout ça, je suis trop entière, trop excessive. Trop nulle, et pas assez tellement de choses ! Tu n’as pas à supporter mon humeur étrange et ma personnalité qui te déplaît tant. Je ne peux pas et ne souhaite en aucune façon te faire accepter mes défauts, mes bouillonnements et mes raisonnements niais. J’ai l’impression d’être pire qu’Alain en ce moment. Tu l’avais traité de pauvre con au début de l’année, et à la fin de l’année tu découvres que je suis une pauvre conne. Je te prie de m’excuser d’avoir voulu ton amitié. Je te prie de m’excuser de ne pas te comprendre.
Joséphine.