Congés
Max,
Quand tu reviendras, tu n’auras pas envie de moi.
J’espère seulement que tu m’écriras un peu pendant ton séjour, juste quelques lignes, entre deux problèmes à résoudre et deux petites nanas qui te courent après. Je t’écrirais peut être là bas, mais j’aurai peur que tu laisses trainer ton courrier. Ca me gênerait beaucoup. Pour moi et aussi pour les personnes qui pourraient le trouver. Je voulais aussi te dire tout le bonheur d’avoir passé ces moments ensemble. Et tous mes remerciements pour ta présence. Je pourrais te remercier pour ta gentillesse ta compréhension, que dire encore, Mais non, j’ai juste envie de te remercier pour avoir été là, avec moi. Je commence à te connaître, peu à peu, et si j’ai toujours lieu d’avoir confiance, je commence à avoir moins peur. Si tu savais comme j’avais envie de te manger, et que tu me manges aussi.
Je voulais te dire tout cela en face, Mais d’ici septembre je les aurai oubliées. Alors je préfère te les écrire. Et puis je suis très voyeuse, et je regrette que la lumière ait été éteinte mais c’est bien moi qui l’ai éteinte. Il fallait bien que tu dormes ? Tu travaillais le lendemain. J’ai préféré Le patin. J’aime bien voir les hommes nus. Je vous trouve horriblement Laids, Mais comme il n’y a pas de troisième genre et que j’ai terriblement besoin de vous, Je vous trouve magnifiquement beaux. Tu vois encore une histoire d’esthétique. Trouverais-je autre chose à te dire ? Non, je pense que c’est fini, je pense que la rentrée sera fort différente. Nous serons alors redevenus deux étrangers l’un pour l’autre. Nous n’avons pas assez creusé le sillon de la tendresse pour nouer des liens, nos corps ne se reconnaitront pas.
Ne t’en fais pas, n’écris pas, porte toi bien, ne te fais pas trop prendre la tête par tout le monde, il t’en restera peut être une bouchée pour moi. Vis bien à mille à l’heure.
Joséphine.