Interlude
Quand mon père est mort, je suis retournée à la source et j’ai bu sa réponse, tu es mon amie, je suis ton ami. Qu’aurais-je pu attendre d’autre, de nouveau, il prenait sa plume pour répondre à ma demande. Je ne lui rendais pas sa réponse. Je faisais la morte. Nous n’avions plus aucune raison de communiquer.
L’oubli passait sur tout, pas l’oubli, l’inclinaison restait, immuable, transcendante, mais les détails, les maigres attouchements, les échanges intellectuels disparaissaient. Il y avait bien quelques conversations autour et alentour qui le remémoraient. Tiens, j’ai déjà parlé de cela un jour, tiens, il y en a un qui bouillerait d’entendre cela… Mais sans plus, mon cœur faisait juste un petit saut, ma peau un petit sursaut, un fin sourire se dessinait, qui s’évanouissait aussitôt, la chair de poule passait, la pluie cessait.