MOHAND
Nous nous étions rencontrés dans un autocar, lors d’une excursion. Il m’avait prise en amitié, pensais-je. Il était avec sa copine. Ils étaient locataires d’un petit appartement. Il m’a invité un midi. J’ai dit oui. Besoin de me rapprocher de gens sains je suppose. Je ne me souviens plus les circonstances exactes. Je sais seulement que le gel sur ses cheveux les cartonnait. C’était fort désagréable pour quelqu’un qui comme moi, aime caresser une masse chevelue, soyeuse et bouclée. J’adorais ses cheveux, il était joli. Nez droit, teint doré, musclé, puissant, pas grand, juste assez pour me regarder dans les yeux. Juste comme j’aimais. Manquait les yeux bleus. Mais même Stoned ne les avait pas. Les siens étaient verts. Je me retrouvais allongée sur le canapé, son corps posé sur le mien, nous deux habillés, jamais plus, jamais moins. Plusieurs fois je suis venue. Il devait se demander ce que je cherchais. Je ne cherchais rien. Je prenais ce qu’il me donnait. Je ne pouvais prendre plus, il m’aurait volontiers donné plus, mais cet appartement, cette amie qu’il aimait, empêchait autre chose qu’un simple échange de vues, en corps à corps. Personne n’aurait pu croire ce que je dis, nous découvrant dans cette position. Je suppose qu’il ne s’en est pas vanté non plus. Un midi, j’ai senti qu’il en avait assez. Il m’a supplié de partir à la recherche du prince charmant. Alors je me suis évaporée.